Egalité

Dans la nuit du 4 août 1789, notre beau pays, la France, a pris l’engagement — par l’abrogation des privilèges — de permettre à chacun de ses enfants, sans distinction de naissance ou de condition, de vivre en pleine égalité devant la loi. À cela, la République ajoute une dimension sociale. L’impôt républicain est la pierre angulaire de cette égalité des citoyens. Il n’est perçu que pour être redistribué. En cela, l’Égalité n’est, aujourd’hui, pas pleinement assurée. Les riches fraudeurs qui se nichent fiscalement dans de sombres caches, sont autant d’individus qui ne respectent pas la République, dans sa dimension solidaire.

La redistribution vers les plus faibles, ne consiste pas plus à abreuver, de façon inconsidérée, les banques et autres acteurs responsables de la crise actuelle que les éventuels « profiteurs » du bas de l’échelle sociale. C’est, au contraire, percevoir l’argent de la Nation dans les bénéfices incroyables de toutes ces belles entreprises françaises, au lieu qu’ils ne soient uniquement autant qu’iniquement partagés dans les froides antichambres d’un capitalisme financier désinhibé. Redistribuons pour que l’Égalité des chances soit garantie, redistribuons pour que l’Égalité des places soit assurée.

Il nous faut lutter, chaque instant, pour défendre les intérêts de la République face au pouvoir de l’argent et de la finance. Le faire, c’est aussi défendre tous ces nombreux chefs d’entreprises qui, eux, se battent pour leurs salariés, qui, eux, payent l’impôt. Il faut leur donner la force d’entreprendre et de réussir, de dégager des bénéfices, d’en prendre leur juste part puis d’en redistribuer le restant, c’est aussi cela l’Égalité.

Chaque fille, chaque fils, de cette terre doit pouvoir entrevoir un avenir qui ne soit pas celui de son image figée, le pied posé contre le mur d’un bloc sale, à s’arracher la tête à grand renfort de bières dégueulasses ou de shit. Aujourd’hui, il n’y a pas d’Égalité entre tous les enfants de la France. Le dire ce n’est pas mentir, c’est venir appuyer le constat que faisaient déjà beaucoup de citoyens dans les années 1980. Je viens de Lorraine, je connais les méfaits de l’inégalité de traitement des enfants de la République. L’Égalité de traitement doit se faire au niveau des individus comme des territoires.

Par ailleurs, prenons garde, nous socialistes, d’avoir bien en tête les dernières paroles de François Mitterrand :« ne séparez jamais la Liberté de l’Égalité ». Les idéologies qui n’ont eu que l’Égalité pour projet, ont nié l’individu et ont voulu fondre l’humanité dans ce qu’elles ont appelé « un homme nouveau ». La convention du PS sur « l’égalité réelle » est, en cela, alarmante. Au-delà du concept fumeux qu’elle colporte, elle oublie la Liberté.

Or l’Égalité n’a de sens que prise avec la Liberté.

 

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