Archives de la catégorie ‘Primaires 2011’

La France est éternelle ! Avec le choix du candidat socialiste ce sont le peuple de gauche et la démocratie qui triomphent. Avec la victoire de François Hollande en mai 2012, ce sera la République régénérée qui vaincra. Un souffle émancipateur viendra renouveler les pratiques et nos institutions. L’Unité et l’Indivisibilité de la Nation vont, à nouveau, se faire jour après la nuit et le brouillard sarkozystes… Les valeurs de Liberté, d’Égalité, de Fraternité seront les instruments de la mise en œuvre d’une République sociale, solidaire et solide, où les mots de Justice et de Laïcité ne seront pas jetés en pâture à de sombres tenants d’une économie financiarisée à outrance. Demain, les ouvriers, les employés, les étudiants, les dirigeants de nos nobles TPE et PME, les stratèges de nos fleurons industriels, les anciens et les jeunes, les hommes et les femmes de France se lèveront et marcheront rassemblés, dignes, fiers et libres ! France, le monde te regarde et l’Europe t’attend !

Yoan Hadadi, Secrétaire Fédéral du PS Délégué à la Jeunesse, aux Sports et à la Vie Associative – Vice-président et Porte-Parole de Ré-Génération

Publicités

Le collectif Ré-Génération est heureux de la large victoire, sans appel, de celui qui est à présent le candidat de la gauche à l’élection présidentielle d’avril et mai 2012. Nous y voyons l’amorce d’une indéniable et inestimable dynamique victorieuse, devant nous mener unis au seul combat qui doit occuper nos esprits : gagner l’élection présidentielle.

Au-delà de l’incontestabilité de l’issue du scrutin de ce dimanche 16 octobre, saluons la victoire du candidat du renouvellement des pratiques et des générations. Nous avons, avec François Hollande, l’assurance que les questions de jeunesse et d’éducation ne seront pas laissées de côté durant la campagne.

Mais, ne nous y trompons pas, ce sera bien autour des thèmes de la fiscalité et de la redistribution que cette dernière s’articulera, car ils constituent les pierres angulaires d’une meilleure politique éducative, plus ambitieuse, plus efficace, plus adaptée. Or, nous croyons en l’école républicaine comme seule garante de l’égalité des chances, du perfectionnement des savoir-faire et de l’élévation des esprits.

Ré-Génération se met, dès à présent, au service du candidat de la gauche désigné par près de trois millions de Français, tant pour mener la réflexion que pour la faire vivre sur le terrain, dans l’ensemble de nos territoires.

Rendez-vous le 22 octobre pour l’investiture de notre candidat, François Hollande !

Christophe Bort, membre du CA (57)

Evan Bourgnon, secrétaire général (87)

Régis Correard, membre du CA (13)

Nathalie De Oliveira, membre du CA (57)

Fabio Delfini, membre du CA (75)

Yassir Hammoud, trésorier (75)

Yoan Hadadi, vice-président et porte-parole (57)

Sébastien Le Gall, vice-président et porte-parole (91)

Barnabé Louche, membre du CA (07)

Diego Melchior, président (75)

Isadora Renoud-Grappin, membre du CA (69)

Chloé Savard, secrétaire générale adjointe (57)

De cet été qui s’achève en ce début d’octobre et dont on ne sait pas vraiment quand il a commencé, je garderai le souvenir de la chaleur de mes compagnons de route de ce petit tour de la France des bâtisseurs dans lequel ils m’ont embarqué. Un passage paradoxal vers l’Orient en suivant le chemin de la lumière. Parti de Metz, passé par Paris, posant mes bagages à Chartres, traversant la Beauce et terminant devant la cathédrale de Tours, partout, j’ai vu les jeux de lumière que ce soit sur les visages des gens ou sur la pierre des bâtiments. À chaque instant, j’ai appris et Dieu sait qu’il me faut apprendre.

Pendant deux mois, j’ai contemplé chaque matin la pierre de Jaumont de notre chère Saint-Étienne de Metz en me rendant au Conseil Général de la Moselle. Le soleil du matin éveille en nous la volonté de nous mettre au travail. D’autant plus, lorsque nos yeux se posent sur les pierres de la Cathédrale. Chaque pierre a sa propre taille, sa propre place dans une harmonie parfaite. Une harmonie issue du travail de ces maîtres maçons portés par la volonté de laisser une trace éternelle dans le paysage de notre ville. Les hommes transforment le monde, parfois pour le pire, souvent pour le meilleur. Passant quotidiennement devant cette majestueuse toile tissée par les meilleurs ouvriers, je ne pouvais qu’être appelé au travail. Or, il en faut de la force pour œuvrer au sein du groupe socialiste du Conseil Général de la Moselle. La gauche n’est pas majoritaire dans cette assemblée, mais force est de constater qu’elle représente le groupe politique le plus actif. Menée par le Président Philippe Tarillon, à l’infatigable détermination, administrée par une équipe jeune et dynamique, j’ai appris ici l’art de l’opposition constructive, la capacité de ne pas sombrer dans de faciles postures, mais de sans cesse opposer un autre modèle de développement du département ; un modèle plus proche des aspirations des citoyens, plus solidaire et humain. Apprendre cette façon de faire de la politique, c’est apprendre à être en mouvement. Le soir, quand je rentrais, le mouvement de la lumière sur les contreforts de la « Lanterne du Bon Dieu » venait illustrer par l’image, la nécessité absolue de mouvement pour transmuter le commun en Beau. Qui peut prendre sa carte au Parti Socialiste, à 19 ans, sans avoir au fond de lui cette nécessité absolue de tendre vers le Beau ? On m’opposera le principe de pragmatisme et la rigueur de la réalité ; je répondrais que la difficile réalité nous pousse à de profondes transformations de notre modèle de société, à un changement de musique. La soupe infâme d’une variété guindée est dépassée, les gens veulent que la politique aille chercher « la note du haut » comme dans une pièce de Mozart, comme dans un passage de B-boy Liloo au Red-Bull Bc One.  

C’est tout le sens de mon engagement auprès de François Hollande, matérialisé le 4 juillet avec la constitution de « Répondre à Gauche en Moselle » et la coordination « jeune » que j’essaye de mettre en œuvre. Ce jour de juillet, alors que mon collaborateur était au volant de la voiture qui nous transportait à Fameck, je me laissais aller, dans un demi-sommeil, à promener mes yeux sur la vallée de l’Orne, puis sur celle de la Fensch. Tout socialiste devrait y venir pour comprendre le sens de notre engagement. Ici, le capitalisme n’a rien laissé au hasard. Il a siphonné la terre et les hommes, puis les a jetés comme on jetait les laitiers et autres scories. Nos fiers sidérurgistes me rappellent les petites collines de mon enfance, le long de l’Orne. Ils attendent. Le vent et la pluie les fouettent, mais eux ne bougent pas. Ils sont endormis. Un jour, ils se réveilleront et se relèveront car, en Lorraine, on se relève toujours. Toute la question est de savoir quand et comment ? Beaucoup des nôtres souhaitent en découdre « d’une façon ou d’une autre », comme on dit aux comptoirs de la rue de Franchepré ou au Zuzu-Bar, à deux pas de la mairie de Homécourt. Ce discours, on l’entend aussi à Metz, alors que Jean-Michel Toulouze couvre son canton de plus de 7000 tracts appelant à participer aux primaires citoyennes. La solution, « l’autre façon » c’est peut-être ces primaires. La solution peut venir de la capacité du peuple à se choisir un candidat digne de représenter ses ambitions, celles d’un peuple déterminé à ne pas voir ses enfants sans horizon. Le 4 juillet, j’ai appris. Je me suis rappelé qu’enfant, on me parlait de l’Usine de la Marine (celle de la famille Schneider), disparue quelques mois avant ma naissance. Je me suis souvenu que cette usine, je ne l’avais jamais vue et que toutes les autres ne me sont apparues que comme des « madeleines », au point qu’encore maintenant, je peux passer des heures entières sur les hauteurs de Hayange, ou le long de l’usine de Uckange. À travers les bâtiments, les labyrinthes d’installations, les assemblages ésotériques de ferrailles, je regarde mon grand-père. Je regarde l’Histoire de ma famille et de ma terre. Surtout, je cherche à trouver la suite de cette Histoire. La fermeture du P6, le 3 octobre, nous rappelle de ne rien attendre des détenteurs du capital sidérurgiste et de ses grandes familles, fussent-elles indiennes. C’est à nous qu’il appartient de trouver ce que nous voulons faire. Au fond de nous s’en trouvent la Force et le Souffle.

Arrivé à Paris par le train du matin, mes yeux cherchent celle qu’ils chercheront toute la journée. Il n’y a pas de hasard dans la vie et il n’y en eu pas non plus, ce jour-là. Heureusement, mon ami avait prévu une journée riche en enseignements. Le résultat en fut un véritable « syndrome de Stendhal ». La Liberté guidant le Peuple ayant eu raison de mon âme — à moins que ce ne soit cette Vénus de Milo croisée devant la coupole, sur le Pont des Arts. Je suis un homme des territoires mais la France prend du sens à Paris. Rien ne vaut le doux sentiment d’être un provincial à Paris, de déjeuner sur le pouce avec le frère, de poser son nez contre la vitre d’un bus de la RATP, de voir une cigarette se consumer sur le banc d’un square proche de l’Assemblée, à côté d’elle.

À Chartres, puis à Tours, ce sentiment fut encore plus prononcé. Chaque région de France détient une part de vérité et Paris donne le sens de cette Histoire collective. Toutefois, à la cathédrale de Chartres, je préfère celle de Tours et cela n’a rien d’objectif. Il n’y a dans ce choix que subjectivité et sans doute n’ai je pas eu besoin de voir ces deux cathédrales avant de me déterminer. Le choix était biaisé, joué d’avance. Chartres ne pouvait pas opposer d’argument valable car dans chaque recoin de la façade de Saint-Gatien, un petit sourire m’était envoyé. Dans chaque rue, de la plus petite à la plus commerçante, un clin d’œil me parvenait. Les fins ne sont que rarement heureuses mais la mémoire ne retient que la beauté des premiers pas, des premières fois. Je fus ce chevalier, maladroitement courtois, couronné de lauriers par celle qui, passée à par Tours à l’âge de l’adolescence, me fit roi. Décidément, Chartres n’avait pas d’arguments valables. Pourtant, après quelques jours, je me fis un devoir de regarder la cathédrale champêtre de Charles Péguy. J’en reparlerai prochainement, mais à cet instant j’en tirais une leçon. Car au-delà des émois, il y a une leçon décisive. Nos choix, nos regards sont éminemment subjectifs et toute la valeur d’un homme, singulièrement d’un homme politique, intègre le fait de le savoir, de l’assumer et de le dépasser. L’homme politique a un devoir plus important en la matière car il engage la collectivité. La parole d’un homme public engage au-delà de sa seule personne. C’est à la fois un pouvoir mais, plus encore, une responsabilité et une perte de liberté. Le premier homme à m’avoir montré cela, par son exemplarité, s’appelle Mamadou Diakité. 

De la salle Pierre Messmer à la salle Pierre Messmer, nous bouclions ce cycle, en cette fin septembre, crépuscule d’une saison, aube d’une autre. Comme tout n’est pas si simple, la nature venait nous rappeler que nous ne maîtrisons que peu de chose et que nous en déréglons beaucoup. Les températures ont oublié nos calendriers et il se pourrait que nos modes de vie n’y soient pas étrangers. De la salle Pierre Messmer à la salle Pierre Messmer, il n’y a que trois mois. La première fois que j’y pénétrai pour me rendre aux bureaux du groupe socialiste du Conseil Général de la Moselle, je m’obligeai à prendre, ce jour puis tout au long des deux mois où j’y travaillerais, un moment de recueillement devant son buste. Non pas que la figure politique de Messmer me soit amicale, mais sa figure de Résistant en fait, à mes yeux, un Grand Homme. En cette fin de septembre, nous étions réunis, Grands Électeurs, pour choisir nos sénateurs. Ayant accompli mon devoir, je sortais respirer sur le parvis afin de m’éloigner de l’électricité ambiante. J’y retrouvais une agréable dame, à qui tout m’oppose. Après les règles d’usage, nous entamions une discussion sur l’Histoire et, malgré nos profonds désaccords, j’y entrevoyais l’amour de cette dame pour notre pays, la France. Même l’Action Française a appelé à voter pour François Mitterrand en 1981, les ressorts des positionnements politiques sont parfois plus complexes qu’il n’y paraît. Cependant, je ne pourrai jamais me résoudre à n’aimer qu’une partie du tout. La Nation ne se divise pas. Elle ne se hiérarchise pas. Elle n’est pas fermée mais ouverte. La Nation française est un mouvement constant, la plus belle preuve de cela est à chercher dans sa langue. La différence fondamentale entre cette dame et moi réside dans l’approche que l’on fait de notre pays. Pour moi, la France n’est plus vraiment la France si la République n’est pas son cadre institutionnel, avec ses valeurs et ses principes. Je ne rejette rien de notre Histoire. Parce que je prends tout, je sais que la République parlementaire est le cadre dans lequel la Nation prend toute sa force, toute sa capacité de construction d’un modèle sociale solidaire, libertaire et fraternel. La France n’est la France que lorsqu’elle protège les plus faibles et permet à tous de s’élever. La France ne choisit pas parmi ses enfants, elle assume.

Cette parenthèse historique refermée, je passais à une autre histoire. Celle d’un homme qui, présenté comme un maître ès politique, est en réalité plus que cela. Jean-Pierre Masseret est une partie de l’histoire du Parti Socialiste en Moselle. On peut tout dire de lui, critiquer ses choix, l’accuser de tous les maux. Je suis convaincu que derrière de trop nombreuses attaques se trouve une obscure jalousie, fusse-t-elle infime. La politique produit de moins en moins d’hommes comme Jean-Pierre Masseret, dont l’aptitude à retourner un meeting dans une salle, à la base défavorable, n’est plus à démontrer. De moins en moins d’individus engagés en politique sont, tour à tour, capables d’être militant, élu, puis responsable exécutif, sans jamais oublier les trois casquettes. Cependant, placé en troisième position sur la liste des sénatoriales, Jean-Pierre Masseret n’a pas été élu. J’ai été triste de cela car le premier Sénat de gauche de la Ve méritait cet homme-là. Dans un coin de la salle, des individus d’une liste groupusculaire trinquant « à la défaite de Jean-Pierre Masseret » m’ont fait passé de la tristesse à la révolte. Ce sont les mêmes qui ont été élus parce que le jeune Masseret collait des affiches, en un temps où il ne faisait pas bon être de gauche par les rues sombres du centre-ville de Metz. On peut avoir des désaccords politiques, on ne frappe pas un homme à terre. On ne coupe pas une tête pour ensuite jouer au foot avec. Cela je le pense depuis toujours. Ce jour d’élection sénatoriale, j’ai appris une chose en plus : l’éthique est l’un des grands combats de notre génération car, comme l’écrivait le poète Pierre Reverdy, « l’éthique, c’est l’esthétique du dedans ».

De cet été qui s’achève et dont on ne sait pas vraiment quand il a commencé restera le vers de Victor Hugo : Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière.