Archives de la catégorie ‘Politique Municipale’

Monsieur l’Administrateur provisoire,

Messieurs les candidats,

Mesdames, Messieurs membres des Conseils,

 

Je viens à vous suite aux sollicitations de plusieurs étudiants messins qui m’ont entretenu de leurs craintes quant à l’atmosphère qui semble régner au sein de l’Université de Lorraine.

Depuis le début de cette année universitaire, un certain nombre de parcours, que ce soit en Licence, en Master ou dans le cadre des préparations aux concours, se font communément entre Nancy et Metz. Dans ce contexte, j’aimerais porter à votre attention deux exemples, parmi d’autres, du climat dans lequel les étudiants et enseignants-chercheurs messins sont contraints d’évoluer.

En préparation à l’Agrégation d’Histoire, les cours assurés à Nancy par des enseignants messins n’ont quasiment été suivis que par des étudiants messins. Les trois ou quatre étudiants nancéiens étant venus y « faire causette » en sont partis, après que l’enseignant leur a demandé de « parler moins fort ».

Par ailleurs, dans un autre cours et alors qu’il n’y avait pas assez de polycopiés pour tout le monde, les étudiants messins s’en sont retrouvés privés sans autre forme de procès, pendant que leurs homologues pouvaient continuer à suivre le cours avec tous les outils nécessaires.

À travers ces deux exemples, je ne tente pas de dire que l’Université de Lorraine doit être remise en question. De très nombreuses choses ont été accomplies et la plupart des cours se passent bien. Simplement, je vous livre l’état des esprits : l’Université de Lorraine est, aujourd’hui, construite dans ses fondations, mais pas dans les cœurs. Le prochain Président et son équipe auront pour devoir impératif de garantir l’équilibre de toute la Lorraine. Les étudiants, enseignants-chercheurs et personnels de Sarreguemines, de Metz, de Longwy ou d’Épinal ne sont pas moins importants que leurs pairs de Nancy. À ce jour, trop nombreux sont les visages sur lesquels nous pouvons lire la crainte de voir l’Unité de la Lorraine mise à mal. Les directions sont toutes (sauf deux) implantées à Nancy, les listes aux élections n’ont pas véritablement été paritaires (au sens géographique), autant de signaux venant nourrir cette crainte. Par conséquent, il apparaît important que tous les candidats prennent l’engagement d’assumer, en cas de victoire, une direction juste et équilibrée.

J’ai toujours soutenu la construction de l’Université de Lorraine. Je l’ai fait avec force, lorsque beaucoup s’y opposaient. Je l’ai fait avec sagesse, pour garantir à nos universités l’existence dans le paysage universitaire français et international. Je l’ai fait avec pour credo la belle idée de rassembler les composantes universitaires lorraines jusqu’alors éparses. Cependant, je l’ai toujours fait avec un cœur lorrain. Un cœur qui bat autant à la vue de la Cathédrale Saint-Étienne que lorsqu’il prend son café dominical sur la place Stanislas.

Ainsi, Mesdames, Messieurs, élus ou candidats, je vous remercie par avance de l’ensemble des réponses que vous porterez à notre attention.

Yoan HADADI

Vice-Président Étudiant de l’UPV-M (2008 à 2010)

Administrateur de l’UPV-M (2007 à 2008)

 
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C’est Noël, je suis un soir d’été. La neige ne tombe pas malgré les nuages chargés qui se baladent au-dessus de ma tête. Noël est pensé pour être seul, même entouré des siens. C’est le moment de l’année où on a le temps. Chaque année, on nous offre cet instant particulier juste après minuit, le 25 décembre, qui s’écoulera pendant près de vingt-quatre heures. Le théâtre de la vie ferme momentanément et chacun peut monter sur une scène sans public. On se retourne sur ces images qui peuplent nos âmes mélancoliques. Les ombres deviennent des rêves dans une mise en scène sans fard.

Au milieu d’un puits de lumière, je refais mes engagements. Mes discours ne sont plus écrits. La voix se trouve toute seule. Je dis tout haut ce qu’aucun public ne pourrait entendre. Je parle de mes soleils et de mes lunes. J’écris un roman dans les airs, assis sur le nuage de mes souvenirs. Quelques pas, la lumière me suit. Je veux prendre le temps, ne pas le laisser s’échapper. Alors, je m’assois en tailleur, pieds nus, sur le parquet noir et chaud. Demain tout recommencera comme si ce jour n’avait pas arrêté la représentation collective. Il faudra remettre de l’eau dans son vin, diluer le propos pour ne pas sortir la tête du rang, au risque de prendre une balle qui ne serait pas perdue. Chaque engagement a, à sa source, une flamme intérieure. La tristesse de notre époque réside en son oubli contraint par le dogme des communicants et de leur sacrosainte communication. Tout doit être lisse au risque de disparaître. Par exemple, l’Amour n’a plus sa place en politique. Je parle de l’Amour complet. Ainsi, il ne faut pas s’étonner de ne plus voir de Jaurès émerger du tréfonds de la platitude ambiante. Le premier ou la première qui osera « rallumer tous les soleils » périra dans l’indifférence brûlante des bien-pensants. De nos jours, même la marginalité est devenue majoritaire. La tendance générale est tellement à lisser tout en toute chose, que même les adeptes du « gothique crade » sont absorbés par l’élan majoritaire.

Dans tout cela, je ne suis qu’un soir d’été. La dignité nous pousse à continuer le combat, mais le premier de nos combats n’est-il pas la dignité elle-même ? La lumière s’éteint. Le rideau ne peut pas tomber. Il n’y en a plus, ils ont coupé les crédits…

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