ON LÂCHERA RIEN !

Publié: 18/12/2013 dans Européennes 2014, Europe, Mon soutien, Politique Régionale

ON LÂCHERA RIEN !Un mardi comme un autre. 20h : la voix de David Pujadas vient bercer la quiétude de ce début de soirée pré-hivernale. Dehors, les lumières de la ville sont à la fois immobiles et fuyantes. Celles des appartements sont autant de preuves de la douceur qui règne sur nos remparts. Celles des autos nous disent combien les gens sont pressés de retrouver leurs cocons.

Au hasard d’un titre, un nom retient toute mon attention. Édouard. Saisi de la salvatrice télécommande, je monte le son. Voilà plusieurs semaines que je ronge mon frein, que j’attends une confirmation. Sera-t-il tête de liste aux élections européennes ? Tout le monde sait. Mais, nombreux sont ceux qui doutent. Le Parti Socialiste osera-t-il faire ce que Jaurès nous invitait à faire, il y a plus d’un siècle : rassembler les luttes sociales pour mettre en œuvre les exigences de la réforme ? Aura-t-on le courage de créer les conditions de la transformation sociale ?

Alors qu’au XIXe siècle, les syndicats européens ont assumé le réformisme, créant ainsi les passerelles nécessaires entre la lutte syndicale qui défend des revendications immédiates et quotidiennes et la lutte politique qui agit sur l’ensemble de la société. Lorsque l’on est profondément républicain donc socialiste, on ne peut avoir de vision antagoniste entre le syndicalisme et la politique. Pour peu qu’on ait soi-même été engagé dans l’une ou l’autre lutte, on sait que les deux sont complémentaires. Au syndicat, la mise en place des rapports de force. Au politique, la concrétisation sociétale et institutionnelle par la réforme. Les deux dynamiques vont de pair et n’ont qu’une logique : combattre l’exploitation de l’homme par l’homme.

À la fin de la prise de parole d’Édouard Martin, je me suis senti fier. Fier d’être républicain. Socialiste. Fier d’être de cette terre, la Moselle, capable de porter l’un des siens pour le mettre en position d’agir pour nous tous. Édouard. Ce pourrait être nos parents, nos voisins, nos collègues de travail. Édouard candidat aux élections européennes, c’est comme si nous étions toutes et tous candidats.

Cependant, ce matin, je ne fus pas plus surpris que cela d’entendre les atermoiements, les attaques et les bassesses à l’encontre de notre candidat. « Trahison ». Le mot fût lâché rapidement. Par le FN et la droite d’abord. Mais, venant de ces gens-là, c’est plutôt rassurant. Qu’ils nous insultent et nous savons encore que nous sommes du bon côté de la barricade. Qu’ils nous insultent, ils ne font qu’accroître notre Force ! Qui attendrait de ces gens-là la moindre réjouissance devant l’Égalité en marche ? Philippot-Morano ne sont pas engagés pour défendre les salariés ou les citoyens. Ces gens-là sont du côté des forces de la finance, ces gens-là n’ont de désir que l’accroissement des inégalités au profit de quelques personnes érigées en caste. S’il leur arrive de colorer leurs discours de teintes ouvrières, nous savons de quel côté ils se trouvent. L’un à l’extrême droite, la seconde juste collée à lui, mais jamais du même côté de la barricade que le Peuple.

Le pire, ce matin, ce ne fut pas ces gens-là. Le pire, ce matin, c’est ce pseudo-syndicaliste, soi-disant ancien compagnon de lutte d’Édouard Martin. Tout le monde le connaît, mais personne ne se souvient jamais de son nom. Il faut dire qu’étant donné qu’il n’a pas grand-chose à dire, on ne retient que sa capacité à jouer des coudes pour toujours et systématiquement se positionner sur les photos ou les images prises par les télévisions. Au passage, cela représente un véritable tour de force. Ce monsieur a réussi à être présent médiatiquement et dans le même temps à faire le tour du monde. Un jour en Thaïlande, le lendemain à Florange. Il est tellement fort qu’on ne voit pas la moindre trace des effets du décalage horaire sur ses traits. Il parle de « traître », mais c’est lui l’esclave de la maison selon le mot de Malcolm X. « Lorsque le maître éternue, il s’inquiète, il se ronge les sangs, il s’écrie « nous nous enrhumons » ».

Monsieur Broccoli, vous êtes le traître de cette histoire. C’est vous qui faisiez les propositions les plus farfelues pendant la lutte des salariés d’Arcelor-Mittal. C’est vous qui souhaitiez durcir la lutte. Mais, en définitive, on ne vous a jamais vu lorsque les salariés marchaient à travers la France, lorsqu’ils se faisaient charger, lorsqu’ils pleuraient leur rage, c’est-à-dire notre rage collective, la rage de notre condition et de notre Histoire, la rage de tout une région, la rage de tout un Peuple. La rage qui nous a porté, nous porte et nous portera.

Aujourd’hui, comme demain : ON NE LÂCHERA RIEN !

Ce matin et tous les matins qui suivront, entendez bien, Broccoli et consorts : « ON LÂCHERA RIEN ! »

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commentaires
  1. petit-dupire dit :

    c’est dit 🙂 et de quelle manière ..

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