Archives de février, 2012

Monsieur l’Administrateur provisoire,

Messieurs les candidats,

Mesdames, Messieurs membres des Conseils,

 

Je viens à vous suite aux sollicitations de plusieurs étudiants messins qui m’ont entretenu de leurs craintes quant à l’atmosphère qui semble régner au sein de l’Université de Lorraine.

Depuis le début de cette année universitaire, un certain nombre de parcours, que ce soit en Licence, en Master ou dans le cadre des préparations aux concours, se font communément entre Nancy et Metz. Dans ce contexte, j’aimerais porter à votre attention deux exemples, parmi d’autres, du climat dans lequel les étudiants et enseignants-chercheurs messins sont contraints d’évoluer.

En préparation à l’Agrégation d’Histoire, les cours assurés à Nancy par des enseignants messins n’ont quasiment été suivis que par des étudiants messins. Les trois ou quatre étudiants nancéiens étant venus y « faire causette » en sont partis, après que l’enseignant leur a demandé de « parler moins fort ».

Par ailleurs, dans un autre cours et alors qu’il n’y avait pas assez de polycopiés pour tout le monde, les étudiants messins s’en sont retrouvés privés sans autre forme de procès, pendant que leurs homologues pouvaient continuer à suivre le cours avec tous les outils nécessaires.

À travers ces deux exemples, je ne tente pas de dire que l’Université de Lorraine doit être remise en question. De très nombreuses choses ont été accomplies et la plupart des cours se passent bien. Simplement, je vous livre l’état des esprits : l’Université de Lorraine est, aujourd’hui, construite dans ses fondations, mais pas dans les cœurs. Le prochain Président et son équipe auront pour devoir impératif de garantir l’équilibre de toute la Lorraine. Les étudiants, enseignants-chercheurs et personnels de Sarreguemines, de Metz, de Longwy ou d’Épinal ne sont pas moins importants que leurs pairs de Nancy. À ce jour, trop nombreux sont les visages sur lesquels nous pouvons lire la crainte de voir l’Unité de la Lorraine mise à mal. Les directions sont toutes (sauf deux) implantées à Nancy, les listes aux élections n’ont pas véritablement été paritaires (au sens géographique), autant de signaux venant nourrir cette crainte. Par conséquent, il apparaît important que tous les candidats prennent l’engagement d’assumer, en cas de victoire, une direction juste et équilibrée.

J’ai toujours soutenu la construction de l’Université de Lorraine. Je l’ai fait avec force, lorsque beaucoup s’y opposaient. Je l’ai fait avec sagesse, pour garantir à nos universités l’existence dans le paysage universitaire français et international. Je l’ai fait avec pour credo la belle idée de rassembler les composantes universitaires lorraines jusqu’alors éparses. Cependant, je l’ai toujours fait avec un cœur lorrain. Un cœur qui bat autant à la vue de la Cathédrale Saint-Étienne que lorsqu’il prend son café dominical sur la place Stanislas.

Ainsi, Mesdames, Messieurs, élus ou candidats, je vous remercie par avance de l’ensemble des réponses que vous porterez à notre attention.

Yoan HADADI

Vice-Président Étudiant de l’UPV-M (2008 à 2010)

Administrateur de l’UPV-M (2007 à 2008)

 
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A bon entendeur…

Publié: 16/02/2012 dans Politique Nationale
Voici le mail de quelque obscurantiste que je viens de recevoir :

Avez-vous déjà signé la pétition contre le droit de vote des étrangers ?
Jeunes musulmanes avec carte électorale

Si vous n’avez pas encore signé la pétition,
il n’est pas trop tard ! Signez maintenant pour témoigner de votre refus de la proposition de loi accordant le droit de vote aux étrangers non communautaires résidant en France que vient d’adopter le Sénat à majorité de gauche.

Voici ma réponse : 

Votre instrumentalisation d’une image parcellaire des Français musulmans et des résidents étrangers, qui joue sur les peurs primitives de nos concitoyens les plus fragiles ou les moins armés intellectuellement, est proprement honteuse ! Pour autant, je présume que vous êtes de mes frères en citoyenneté et, à ce titre, je me ferai un plaisir de fesser publiquement vos représentants lors des élections qui nous attendent en cette année comme dans le siècle à venir. Je ne vous salue pas.

Résistance

Publié: 05/02/2012 dans Culture, Mon soutien, Politique Nationale

« Dis ce que le feu hésite à dire

Soleil de l’air, clarté qui ose, 

Et meurs de l’avoir dit pour tous »

René Char


Nous vivons une époque où l’Histoire, en tant que savoir, est un enjeu politique, au point que certains se laissent aisément aller aux approximations, voire à la falsification.

D’abord, il y a eu cet homme allant insulter les Africains sur leur sol, dans leurs maisons. « L’Homme africain n’est pas entré dans l’Histoire » disait-il, lui, le fier Magyar. Avec du recul, nous pouvons dire que ses propos étaient d’autant plus vides de sens qu’ils étaient portés par un homme qui n’entend rien aux graves sonorités du temps. A ses trompettes, à ses orgues et à ses batteries frappant la mesure de notre Histoire, celle des Hommes, de tous les hommes et de toutes les femmes, et celle de notre belle et grande Nation…

Ensuite, le gouvernement UMP voulait mettre en avant les « bienfaits de la colonisation ». Il s’agissait d’expliquer que la France avait pris sa part dans « l’acte civilisateur » de l’Homme blanc sur les autres hommes, singulièrement l’Homme noir ou l’Arabe. Il s’agissait aussi de passer sous silence la méthode retenue par les puissances européennes, en cette fin de XIX e siècle, pour conquérir ces terres d’Afrique et d’Asie. Pire encore, notre gouvernement oubliait les préceptes de Thucydide voulant que l’Histoire soit ce travail par lequel « on rationalise les faits et explore les causes profondes des évènements, en écartant tout ce qui procède du mythe ou de la rumeur ». Les Morano, Lefebvre et consorts, grands adeptes du net, n’avaient même pas besoin de se plonger dans « La Guerre du Péloponnèse » pour découvrir ce qu’est l’Histoire avant de proposer des choses si grotesques. Il faut croire que ces gens-là ne connaissent même pas Wikipédia. Ce serait rassurant s’ils ne confondaient pas Zadig de Voltaire, l’auteur du livre, le papier du chiffon… Cela devient inquiétant, dès lors que ces ministres et secrétaires d’Etat, passés à côté de la civilisation de l’imprimerie (donc barbares ?), ont entre leurs mains notre pouvoir. Car en France, jusqu’à preuve du contraire et depuis 1789, la Nation est souveraine. Cette droite ne peut pas le savoir puisqu’elle ne connaît pas notre Histoire. Au lieu d’avoir l’humilité de la lire, ils préfèrent en parler. 

Désormais, l’UMP, cette droite qui ne relie plus que deux points : Sarkozy à Marine Le Pen, théorise,  par l’intermédiaire de son Préfet nommé-jamais élu,  « l’inégalité des civilisations ». Hannah Arendt, Albert Camus et tous ceux que notre monde a pu compter d’humanistes doivent s’étouffer. Je ne chercherais pas à déconstruire ce propos tant il a été démontré qu’il ne reposait sur rien d’autre que le racisme, c’est-à-dire l’égarement. Toutefois, j’insiste sur la nécessité de prendre conscience que M. Claude Guéant inscrit ses dires dans une logique xénophobe que l’UMP a mis en place depuis 2006-2007. La xénophobie, ce n’est pas la République ! Ces gens se réclamant de droite, ne sont pas républicains. Ils n’aiment pas la France parce qu’on ne peut pas aimer la France sans en aimer, plus que tout, ses valeurs. : Liberté, Egalité, Fraternité, et ses textes fondateurs, au premier rang desquels la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Face à cette invasion frontiste, face à ces tentatives d’instiller la haine, il n’y a qu’un mot. Il n’y a qu’une action. RESISTANCE. Chacun d’entre nous doit être un homme ou une femme révolté. Sachons dire « non » devant l’inacceptable et réaffirmer, aux côtés de Camus, que « dans la révolte, l’homme se dépasse en autrui et, de ce point de vue, la solidarité humaine est métaphysique ». Faisons encore quelques pas avec lui et pleurons notre colère de n’avoir pas vu ce misérable préfet lire et entendre ces lignes « le premier progrès d’un esprit saisi d’étrangeté est de reconnaître qu’il partage cette étrangeté avec tous les hommes ». 

Je me révolte donc nous sommes.