Archives de mai, 2011

« L’élection à la Présidence de la République n’est pas Radio-Crochet » nous disait François Mitterrand, il y a trente et un ans. C’est en pensant au mot du Président Mitterrand que j’ai choisi de soutenir François Hollande dans sa course à l’élection présidentielle de 2012. Parallèlement, c’est en pensant à la France, chaque jour bafouée dans ses valeurs républicaines par le Président Sarkozy et son entourage, que nous lançons avec Ré-Génération, modestement mais avec conviction, l’Appel de Metz.

La France, les Français, ont besoin d’un projet ambitieux et mesuré et d’un homme solide, cohérent et expérimenté pour le porter. Cet homme, ce sera François Hollande.

Contrairement au député Henri Emmanuelli, je suis de ceux qui pensent que l’élection présidentielle est, dans notre pays, la rencontre entre un homme, une terre et une nation. Il me semble que François Hollande est, au Parti Socialiste, celui qui incarne le mieux ce précepte.

La prochaine campagne présidentielle se fera autour de notre capacité collective de résistance face à ces forces mortifères de la finance viciée, qui tentent d’abattre notre dignité d’Hommes. Nous devons nous lever et entrer dans une véritable révolte, pour que soient rétablies la Liberté, l’Égalité et la Fraternité. Cette révolte ne peut et ne doit pas prendre la forme de violences incohérentes, comme nous l’avons vu en 2005, particulièrement, quand nombre de nos amis, de nos frères, ont tenté d’exprimer cette rage légitime qui était la leur, mais sans transformer cette énergie positivement. La haine et la violence n’améliorent jamais une situation, morcellent toujours le corps social.

C’est en ayant des objectifs clairs et précis que nous apporterons, toutes et tous, notre pierre à l’édification d’une République Sociale, Une et Indivisible. Chacun d’entre nous, quelles que soient ses origines sociales, a le devoir suprême de porter sa propre pierre, parce que nous ne pouvons plus accepter que d’autres se fassent porte-parole auto-proclamés de nos volontés. Collectivement, nous sommes le Peuple. Ce Peuple, fier et libre, qui s’appuie depuis toujours sur la diversité de ses membres pour mieux se transcender en une seule et unique Nation, porteuse du projet républicain.

C’est sur le terrain électoral et par les urnes que nous devons nous opposer aux forces sarkozystes. C’est par notre projet collectif que nous avons l’obligation de transformer notre société pour qu’elle soit fidèle aux principes de Justice et de Laïcité. Pour ce faire, nous proposons, en faisant le choix de François Hollande, de revenir aux éléments fondamentaux de notre République. D’abord, en lui conférant les moyens qu’elle mérite pour s’élever au firmament du développement. Il s’agit d’assurer une véritable redistribution des richesses par une révolution fiscale, qui mettra en œuvre un impôt juste — perception à la source, concernant le revenu des personnes physiques —, égalitaire — multiplication des tranches — et ambitieux — élargissement de l’assiette fiscale. La question de l’impôt est essentielle, prégnante, ainsi qu’elle l’était déjà en 1789. Une redistribution plus juste permettra, notamment, de prioriser l’action de l’État vers la jeunesse, parce que c’est en s’appuyant sur les jeunes, génération après génération, que l’on construit l’avenir, parce que c’est en se préoccupant des jeunes d’aujourd’hui qu’on assure une vie décente aux plus de soixante ans et aux accidentés de la vie.

La dignité devra être défendue dans tous les domaines, spécialement dans le cadre du travail où les attaques à l’égard du droit des travailleurs ont été nombreuses, depuis 2002. Notre projet aura dans son essence une couleur environnementale, parce que nous ne pouvons plus assécher insouciamment notre planète de ses ressources. Nos habitudes de consommation et notre modèle productif doivent être questionnés et adaptés aux enjeux environnementaux de ce début de XXIe siècle. Nous ne pouvons plus vivre sur le modèle des années soixante-dix/quatre-vingt.

Enfin, cette campagne présidentielle sera l’occasion de réaffirmer notre volonté d’Europe. Notre génération est née européenne et, de ce fait, ne peut pas se contenter de l’Union dans sa définition et son état actuels. La construction européenne est loin d’être terminée. Elle doit être poursuivie, que ce soit socialement ou culturellement. Avec François Hollande, nous proposerons que les ressources de l’Europe soient augmentées et autonomisées par la taxation des transactions financières. Un tel chantier n’a de sens qu’à grande échelle, ce qui lui garantit crédibilité et efficacité. Un ensemble comme l’U.E. est prêt pour une pareille mesure.

Tout cela ne pourra se faire que si nous sommes rassemblés. La vision que François Hollande a de la France n’est pas une vision éclatée ou segmentée en communautés qui se font face. François Hollande est héritier des humanistes, hommes et femmes, qui ont porté à travers l’Histoire nos valeurs. Ainsi, la seule France qu’il souhaite gouverner est une France Une et Indivisible, composée d’hommes et de femmes fiers de leur histoire personnelle, fiers de notre Histoire collective.

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C’est samedi, à Metz, que l’association Ré-génération a officiellement vu le jour. C’est donc depuis notre ville que ce collectif  a décidé de lancer un appel aux jeunes de gauche à s’engager au sein du Parti socialiste pour un renouveau générationnel. Pour en savoir plus, un site : http://appeldemetz.org

En quelques mois, le thème de la jeunesse s’est imposé comme un élément essentiel du discours des différents prétendants socialistes à l’élection présidentielle. Alors que l’Union pour un Mouvement Populaire est largement en retrait sur ce thème, sans proposition concrète, la gauche en général — et le Parti Socialiste n’y déroge pas — innove encore trop peu en la matière, y compris dans son récent projet.

Le Parti Socialiste est-il condamné à être définitivement tiraillé entre deux attitudes : succomber au chantage passéiste de certains mouvements de jeunesse ou négliger tout simplement la question des jeunes dans son projet de société ? Toutes deux ont déjà prouvé leur inefficacité. La jeunesse est-elle vouée à se voir éternellement proposer les mêmes pseudo-solutions ou à ne pouvoir envisager aucun progrès ambitieux la concernant ?

Nous, Ré-Génération, ne sommes pas résignés. Au contraire, nous sommes convaincus que les jeunes ont encore leur mot à dire.Nous croyons en la nécessité et en l’utilité des partis politiques. Mais le contexte de démobilisation électorale et le vote Front National d’une partie des jeunes sont le signe qu’aucune offre politique existante n’a aujourd’hui redonné confiance et espérance à la jeunesse.

L’élection présidentielle de 2007 a été l’occasion pour beaucoup de jeunes de s’engager dans la campagne du Parti Socialiste. Mais la machine interne du parti n’a pas su intégrer ces nouvelles volontés militantes par la suite, notamment lors du congrès de Reims, entraînant ainsi la déception d’une grandes partie de la jeunesse de gauche. Les mêmes erreurs doivent être aujourd’hui évitées. Les primaires, puis l’élection présidentielle de 2012 seront des occasions de reconstruire le lien entre le Parti Socialiste et la jeunesse.

Mais, pour ce faire, c’est notre logiciel politique qui doit être revu et corrigé et les premières étapes de l’émergence d’un parti politique digne du XXIe siècle qui doivent être construites dès à présent. Le renouveau générationnel à gauche n’est pas qu’une question de personnes et de nouvelles têtes. Les jeunes n’attendent pas qu’on leur cède gracieusement une quelconque place au moment des grands rendez-vous électoraux, pour mieux les écarter ensuite. Ils veulent qu’on les laisse combattre à armes égales pour prendre la place qui est la leur, aussi bien dans la société qu’au sein des partis politiques, en premier lieu au PS.

Un changement générationnel, c’est donc conjointement un changement dans nos pratiques et un changement dans nos idées.

Le changement dans nos pratiques, c’est faire le pari que des jeunes de tous horizons devraient pouvoir exercer des responsabilités politiques, en interne du PS comme en externe, à travers les élections.

C’est rompre avec la logique de parcours du militant-combattant formaté, qui produit toujours ces mêmes clones, de congrès en congrès, qui se réfèrent toujours aux mêmes mentors, aux mêmes idées, d’ailleurs souvent issues d’anciennes « bibles » socialistes qu’ils n’ont pas comprises, voire pas lues.

Nous proposons dès lors que le Parti Socialiste :

  • supprime progressivement le cumul des mandats de ses élus ;
  • s’engage pour une meilleure promotion et représentativité de ses militantes ;
  • rétablisse une forme de scrutin majoritaire au congrès pour en finir avec la logique des courants qui nous divise ;
  • renoue avec des modes de consultation participatifs des citoyens lors des grands débats internes ;
  • valorise la pluralité des engagements — culturels, associatifs, syndicaux, humanitaires,… — dans les parcours militants.

Le changement dans nos idées, c’est admettre une bonne fois pour toutes que les jeunes, eux aussi, sont responsables et exigeants, qu’ils peuvent saisir la complexité des débats et s’investir dans la construction de leur avenir.

C’est en finir avec les solutions simplistes et pré-mâchées que nous ressortons à chaque élection présidentielle. Assumons notre réformisme jusque dans les propositions faites à la jeunesse !

Admettons clairement et sensément que, ce que nous voulons en tant que jeunes, ce n’est ni un nouveau Contrat Première Embauche, ni une allocation d’étude à mille euros par mois sans condition de ressources, mais bien plutôt une liberté de choix passant notamment par une insertion professionnelle réussie vers un emploi digne, quel que soit notre niveau d’études !

Ce que nous voulons c’est un droit à l’avenir, pour être enfin pleinement responsables de nos vies.

C’est depuis Metz, en Lorraine, terre historique des luttes ouvrières mais aussi terre historique d’accueil de tous les immigrés, que le collectif Ré-Génération a décidé de lancer un appel aux jeunes de gauche à s’engager au sein du Parti Socialiste pour un renouveau générationnel. Les primaires d’octobre doivent être l’occasion d’opérer ce changement dans les idées et au sein des équipes de campagnes.

Nous appelons tous ceux qui veulent vaincre la droite en 2012 à signer notre appel et à rejoindre Ré-Génération pour que le changement politique soit d’abord une victoire de la jeunesse et qu’il puisse s’accompagner aussi d’un renouveau générationnel !

« Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois », cette citation de Camus correspond exactement à ce que j’ai vécu sur les terrains du Pays-Haut et d’ailleurs. L’essentiel en termes de rapports humains, c’est à Homécourt, puis à Jœuf que je l’ai forgé, au contact de ces petits gars et de ces petites meufs avec lesquels je jouais au football. Le football a contribué à faire de moi un républicain, ferme sur la question de l’Unité de la Nation, ferme sur la lutte contre toute forme de discrimination, ferme sur la Liberté, l’Égalité et la Fraternité. Je ne transige pas avec le refus de toute forme de quota que ce soit dans le football ou ailleurs.

Dans la rue, je ne peux m’empêcher de penser à ces soirs de novembre où nous tapions dans la porte du garage toute cabossée sous l’impact de nos frappes chirurgicales, dans des coins devenus des lucarnes, dans cette rue devenue stade Saint-Symphorien, Stade de France ou Camp Nou.

En club, sous la direction de grands messieurs — de véritables éducateurs qui faisaient office, tour à tour, de coaches, de grands frères, voire pour certains jeunes de véritables familles de substitution —, nous avons découvert un monde fait de règles, de respect et de partages. À Jœuf, on m’a appris que le jeu n’existe pas sans l’autre : coéquipier, adversaire, dirigeant, arbitre. Je me rappelle du coach Lucien devant son tableau noir dressant, à la craie, des traces à jamais gravées dans mon cœur. De Jack, son adjoint, qui m’a appris que, le contrôle et la passe sont « ce qu’il y a de plus important après la récupération du ballon, parce que sans ballon, on ne peut pas jouer ». Mon plus beau souvenir de football est une défaite face à Fribourg. Les mecs d’en face faisaient tous environ un mètre quatre-vingt. Nous rendions en moyenne vingt à trente centimètres à chaque adversaire direct. Nous avions treize ans et nous ne pouvions pas baisser la tête car nous portions le maillot bleu, celui de « M. Michel Platini ». Nous avons pratiqué notre plus horrible football. Nous, qui jouions habituellement en petites passes et en profondeur, avons défendu pendant quatre-vingt-dix minutes. C’est un véritable combat dans la boue qui s’est déroulé, une véritable guerre de tranchées. Vers l’heure de jeu est survenu le miracle : après une récupération, en catastrophe, dans nos six mètres, je passe le ballon à notre numéro 10, Teddy, à l’entrée de notre surface de réparation, côté gauche, qui contrôle et fait une passe magistrale de soixante-dix mètres le long de l’aile droite à notre beau et grand « Jess’ », notre 11, qui place une accélération dont lui seul avait le secret, suivi d’une petite balle piquée, au dessus du gardien allemand, sosie d’Oliver Kahn. Toute notre équipe s’est précipitée comme un seul homme vers le coach. À la fin, nous avons perdu 2-1. Les allemands nous ont fait une haie d’honneur, nous étions les seuls à leur avoir mis un but dans cette compétition.

Enfin, j’ai ressenti ce que le mot Nation comporte pendant la Coupe du Monde 1998. Dans le Pays Haut, il est de tradition que les jeunes aux origines italiennes soutiennent la « Squadra Azzura » et les autres, la France. Je peux assurer que le 12 juillet au soir, pas un n’a manqué à l’appel, que chacun et chacune d’entre nous a chanté la Marseillaise. Je peux dire que le rêve de tous mes copains a toujours été de jouer pour l’équipe de France, de porter les couleurs de notre pays, comme Zidane, Blanc, Thuram, Djorkaeff, Desailly, Viera et les autres.

C’est avec ce socle et ce vécu que j’aborde l’affaire qui traverse le football français. Je suis révolté par cette idée d’instaurer des quotas dans le football et plus particulièrement dans les équipes de jeunes. En effet, ce sont les équipes de préformation qui sont les principales cibles de cette volonté d’écarter les enfants — parce qu’il s’agit bien d’enfants de douze à treize ans —, non sur leurs qualités footballistiques mais sur leurs origines et leur couleur afin d’éviter que certains ne choisissent de jouer pour le pays de leurs parents plutôt que pour la France. De ce point de vue, la faute de M. Blaquart est manifeste à deux égards. D’abord, cet homme a dérapé verbalement en n’hésitant pas à soutenir la thèse des quotas. Ensuite, et c’est là que sa position devient indéfendable, le Directeur Technique National a présenté un graphique censé rationaliser et apporter le poids scientifique crédibilisant sa thèse. M. Blaquart vient heurter la conception même de notre République qui ne connaît pas, en son sein, les communautés mais une seule et unique Nation. En France, il est interdit de comptabiliser les individus par leurs couleurs et nous ne pouvons que nous en réjouir lorsque l’on voit où cela nous conduirait. La faute de ce monsieur, est un éclairage décisif pour tous ceux qui souhaiteraient voir la France se mettre à compter ses noirs, ses petits, etc. Voilà à quoi serviraient ces statistiques : à venir alimenter les thèses raciales et condescendantes de gens à la vision étriquée et simpliste. Ce débat est puant parce que c’est un faux débat. Pour s’en convaincre, il suffit de voir où jouent les meilleurs éléments. Les meilleurs éléments sont sélectionnés en Équipe de France et sont fiers d’en porter le maillot. Les autres, ceux qui n’ont quasiment aucune chance de jouer un jour avec le coq sur la poitrine, font parfois le choix de jouer pour le pays de leurs racines. Ils font le choix de vivre leur rêve de gosses, c’est-à-dire de jouer la Coupe du Monde. Qui peut leur reprocher cela ? Par ailleurs, qui peut reprocher à un individu son parcours personnel. Je prends pour exemple, mon ami, que dis-je mon frère, Mamadou Diakité, né en France et aujourd’hui international malien, qui a choisi le Mali parce que son histoire l’a poussé en ce sens. Les footballeurs sont des hommes comme les autres, avec des sentiments, un cœur, une Histoire.

Les récents atermoiements qui agitent la Fédération Française de Football en disent plus long sur notre société qu’il n’y paraît. Si cela peut s’apparenter à du racisme, la question est plus complexe que cela. Elle nous interroge plus profondément sur la place de l’acquis et de l’inné dans nos caractéristiques individuelles.

Au-delà de cette minorité croyant toujours en une hiérarchisation des races (tout de même 8% des Français interrogés, selon le dernier rapport pour 2010 de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme), nombre de nos compatriotes pensent que « les noirs ont le rythme dans la peau » ou « ont des capacités physiquement supérieures, mais intellectuellement inférieures », que « les juifs aiment l’argent » ou que « les arabes sont peu fiables mais font du bon couscous ». Concentrons-nous sur l’absence de fondement à de pareils propos.

La formation débouche sur une forme de spécialisation des êtres humains, en général, et des sportifs, en particulier. Celle-ci passe par la répétition de gestes devant aboutir à l’acquisition de réflexes forgeant un style. L’imitation des illustres prédécesseurs nationaux fait le reste. Ceux qui chapeautent la formation française seraient-ils à ce point démissionnaires qu’ils voudraient ne travailler qu’avec des jeunes ayant déjà un feeling particulier avec le jeu technique, relevant d’une affaire de goût, voire de mode ? Aurions-nous eu l’honneur et la joie de voir Didier Deschamps capitaine de l’Équipe championne du Monde et d’Europe si la technique avait été le seul ressort dans la décision de lui confier le brassard ou même une place dans l’équipe ? Dans la même veine, Lilian Thuram, alias Tutu pieds carrés, aurait-il propulsé la France en finale de la Coupe du Monde s’il n’avait été jugé qu’à l’aune de ses pieds carrés et de sa couleur de peau? De surcroît, n’est-il pas illusoire de penser qu’au prétexte de recruter des « petits gabarits », la Direction Technique Nationale du Football Français en fera fatalement des Iniesta, des Xavi et des Messi ? Non seulement c’est une aberration, mais il serait tout aussi vain de miser sur un jeu uniquement technique que sur un jeu uniquement physique. Le jeu est fait de mouvements, d’impacts et de circulation du ballon. Chaque poste nécessite un profil particulier. Et pour compliquer un peu plus les choses, les différents profils de chaque poste peuvent être variables selon le type de football que l’on pratique par tradition. Quant à la prédisposition prétendue des joueurs selon leur couleur, allez comparer Pelé et Jay-Jay Okocha à Jaap Stam et Jan Koller et dites-moi qui mise tout sur son impact physique et qui envoûte par ses gris-gris, la justesse de ses passes et la beauté de ses buts !

L’analyse des propos rapportés par Mediapart est d’autant plus difficile quand on considère que certaines assertions se veulent bienveillantes, telles que celles proférées par Laurent Blanc. De manière générale, le milieu sportif en est perclus. Non seulement, les mentalités sont dures à changer, mais elles le sont d’autant plus que l’intention est bonne. Le système est encore plus pervers, puisqu’un jeune plus ou moins noir de peau n’ayant pas spécialement ni accélération, ni vitesse, ni endurance, ni masse musculaire supérieures à la moyenne, va travailler spécifiquement et intensivement ces domaines, afin d’être « digne de sa couleur » et de ce que l’on attend d’elle plus encore que de lui. Il est même monnaie courante que les clubs italiens, notamment, de l’élite recrutent pour leurs joueurs noirs des masseurs spécifiques parce qu’on y considère que les noirs ont des muscles différents ! Cependant, comme l’écrit Fabrice Jouhaud dans l’Équipe du jeudi 5 mai, peut-on attendre d’un homme comme Laurent Blanc, fruit d’une formation « où il faudrait augmenter les quotas de culture générale et civique », qu’il dise autre chose que ce que disent ces fameux 8% de français dont nous parlions plus haut ? Laurent Blanc n’est pas raciste, il dit des choses qu’on lui a apprises dans un centre de formation et qui sont, malheureusement, devenues courantes dans ce milieu du foot-business. Par ailleurs, Laurent Blanc est un très bon technicien du football et si on ne le juge qu’à l’aune des résultats, il réussit à rendre à l’Équipe de France sa place parmi les meilleures nations. Mais le sélectionneur de l’Équipe de France a aussi une place symbolique forte dans notre pays. Il est dommage qu’il l’ait oubliée, même le temps d’une réunion. De plus, je ne dis pas que tous les footballeurs professionnels sont idiots, je connais trop bien ce milieu et j’y ai bien trop d’attaches pour tomber dans cet écueil. Toutefois, je dis que, fâcheusement, les personnes qui composent cet univers sont souvent seules face à l’éducation. Comment pourrait-il en être autrement quand on quitte sa famille vers quatorze ans pour rejoindre un centre de formation où l’on est seul face à la performance et à ses peines du quotidien ? Certains ont de la chance, ils se construisent une grille de lecture du monde, ils lisent, s’instruisent, s’intéressent à la société qui les entoure. Il y a Thuram, Dhorasoo Vieira,  et il y en a d’autres moins connus, Diakité, Sissoko, Contout,… D’autres encore n’en ont pas eu la chance. Il y a là une véritable inégalité et c’est à cette inégalité qu’il faudrait s’attaquer en premier lieu, sans distinction de couleurs ou d’origines. Tout le monde a le droit de bénéficier d’une éducation solide et permettant la construction d’un libre arbitre. C’est même un droit inaliénable de l’Homme et le premier devoir d’une société que de donner à tous ses enfants la meilleure éducation possible.

En tant que citoyen nous devons exiger que les valeurs républicaines soient garanties dans le football comme partout ailleurs. Que tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à salir le rêve des millions d’enfants, de par le monde, en payent le prix. Que tous ceux qui ont déshonoré notre Nation et se sont mis hors la Loi, au regard de notre Constitution qui garantit l’Unité Nationale, soient jugés selon notre Loi républicaine. Que justice soit rendue aux hommes ! Et qu’on nous parle de la lutte pour le titre entre le Lille Olympique Sporting Club et l’Olympique de Marseille, qu’on pleure ensemble les résultats du Football Club de Metz et qu’on s’extasie devant ce magistral Futbol Club Barcelona !