Archives de avril, 2011

Souvenez-vous de la victoire de la gauche à Metz en 2008. C’était historique : Metz se réveillait d’un long sommeil et des milliers de personnes parcourraient en liesse les rues de la ville ; des jeunes, des plus âgés, des anciens portaient un regard neuf sur leur vieille cité, il y avait des oeuvres d’art partout, dans les musées, les galeries et les salles de concert mais aussi dans les églises, dans les piscines, sur les places, dans les commerces… Oui, souvenez-vous de cette victoire de la gauche à Metz, le 03 octobre 2008, à l’occasion de notre première Nuit Blanche. Il s’agissait alors de redonner aux messins la place culturelle qu’ils méritaient et de changer l’image péjorative qui pesait sur la ville. Avec la Nuit Blanche, le nouveau Maire de Metz, Dominique Gros, rendait à la capitale régionale la dignité de son rang.

Pourtant le Républicain Lorrain a récemment rendu compte des doutes qui planent sur l’avenir de la Nuit Blanche. L’édition 2011 serait maintenue avec un budget réduit et l’édition 2012 serait tout simplement compromise. L’opposition messine aurait donc raison : les électeurs désapprouveraient un tel événement. Dans ce cas, comment expliquer l’augmentation constante du public, d’édition en édition, pour atteindre les 100 000 participants en 2010 ? 100 000 participants à un événement culturel pour une ville qui compte 130 000 habitants, c’est un succès, un succès incontestable mais bruyamment contesté par quelques-uns pour des raisons politiciennes ! L’opposition crie à l’argent public jeté par les fenêtres mais, en réalité, la droite se moque de l’argent du contribuable, surtout quand il profite au peuple. Que sont les 600 000 euros d’une Nuit Blanche populaire, dont 150 000 proviennent de sponsors privés, en comparaison des 15 milliards par an offerts aux plus riches via le bouclier fiscal et autres déductions d’impôts  ? Ces gens-là ne voient pas plus loin que le bout de leurs velléités…

William Schuman a  organisé la Nuit Blanche pour le peuple et par le peuple, il lui a donné une utilité économique et sociale. Utilité économique : elle donne du travail à nos artistes, elle attire le regard des investisseurs et des grandes entreprises, elle retient les jeunes alors que notre population diminue. Plus on parlera de Metz positivement, meilleure sera la santé commerciale et économique de notre ville. Utilité sociale : elle permet des rencontres et des échanges, elle met à disposition du plus grand nombre un Art contemporain souvent réservé à une élite, elle participe au bien-vivre-ensemble en rendant fierté aux messins. Tous les Hommes ont le droit d’avoir accès à la Culture, peu importe leur revenu ou leur extraction sociale, et c’est un devoir pour chaque responsable politique de rendre possible cette ouverture au monde. En France plus qu’ailleurs, la discrimination sociale est avant tout culturelle, il y a ceux qui ont les codes et ceux qui ne les ont pas, ceux qui connaissent les choses et ceux qui ne les connaissent pas. Au moment où nous rentrons dans une économie de la connaissance, s’en prendre à la Nuit Blanche c’est aussi entretenir un système de castes culturelles, c’est aussi interdire l’émancipation du peuple.

Nous sommes les héritiers de Condorcet quand nous disons que la Culture est source d’un progrès social bénéfique à toute la Nation et finalement à l’ensemble de l’humanité. La Nuit Blanche est une des grandes réussites de ces vingt dernières années à Metz. A l’instar de l’Ecologie Urbaine dans les années 70, elle témoigne du génie messin en contribuant à un Urbanisme Culturel comme nouveau modèle de développement. Nous la défendrons donc avec force et vigueur parce qu’elle signifie la suite de nos trois mille ans d’Histoire. Décidément, la droite messine n’aspire pas à la grandeur. Décidément, nos nuits sont plus belles que leurs jours.

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