Archives de mars, 2011

Dimanche 27 mars 2011, c’est le deuxième tour des élections cantonales. Il faut faire barrage au FN et à l’UMP partout où cela est possible. A Metz, votons pour Christiane Pallez et Dominique Gros.

Vive la Liberté, l’Egalité et la Fraternité ! Vive la République Une et Indivisible !

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Quel est ce parti qui se pose la question de savoir s’il appelle à voter pour faire barrage à l’extrême droite ? Quel est ce parti qui tergiverse lorsqu’il s’agit de défendre les valeurs de la République ? Quel est ce parti capable de toutes les compromissions pour satisfaire la soif de pouvoir d’un homme, Nicolas Sarkozy, qui se trouve être aussi Président de la République ? Ce parti c’est l’UMP, je veux dire par là, ceux qui dirigent cette formation. Son leader, Jean-François Copé, est irresponsable. Cet apprenti sorcier opportunément aux ordres de l’Élysée ne souhaite pas appeler à voter pour le Parti Socialiste dans le cadre de duels face au Front National. Preuve est faite que l’UMP n’est pas républicaine. Preuve est faite que l’UMP souhaite instaurer en France une alliance tacite entre la droite et l’extrême droite. Preuve est faite que l’UMP est un parti qui segmente le peuple français, qui parcellise la Nation et qui définit des hiérarchies de bons et de moins bons Français. L’Histoire ne pardonnera pas ces alliances contre la République. Quant au Parti Socialiste, s’il fait preuve de responsabilité en se mobilisant et en faisant voter contre le FN, il devra de toute urgence cesser de se demander si Martine est mieux que Dominique ou Manuel. Il faut rassembler ce qui est épars. Il faut un leader avec une philosophie et un projet. Ce leader existe. Il vient de conserver la présidence de son département avec la bienveillance de ses électeurs. Cependant, l’enjeu du moment n’est pas là. Aujourd’hui, il s’agit de voir que le FN incarne une lame de fond et pas une simple vague. Une partie importante des électeurs considère que la classe politique est « incapable de répondre aux attentes nombreuses » d’une population en souffrance.

Je repense au mot du Président Mitterrand qui disait à Elie Wiesel, « le pouvoir politique ne repose pas sur l’illusion qu’il crée, mais sur l’espérance qu’il incarne et qui peut, elle, être illusoire ». À la suite de ces élections, nous pouvons dire que le pouvoir politique de Nicolas Sarkozy, qui a incarné une certaine espérance pour un peu plus de 53% des électeurs qui se sont exprimés le 10 mai 2007, n’a été qu’une illusion. Nous devons aussi dire que nous, socialistes républicains, ne parvenons pas à incarner l’espoir. Il faut une étoile pour se diriger dans le désert, tout comme il faut un idéal pour se sortir de la crise et du pessimisme. Surtout, il faut des actes concrets qui marquent le quotidien. Il ne faut pas promettre de changer la vie des gens mais l’améliorer tangiblement, partout où nous en avons le mandat. Je n’ai pas la prétention de pouvoir proposer, seul, un chemin, un projet pour y parvenir immanquablement. Pourtant, je sais que si nous n’y arrivons pas, collectivement, la République est morte, car il ne faut pas se leurrer : l’objectif du Front National n’est pas le bonheur des gens, mais la vampirisation et, finalement, l’anéantissement de notre modèle républicain et social. Marine a beau changer de vocabulaire et de mode de communication, le fond est le même que celui de ses pères, Jean Marie et Philippe. Le FN ne veut pas changer de système pour permettre aux citoyens de mieux vivre. Le FN veut établir un modèle politique où la couleur et la pratique religieuse seront définies et obligatoires pour prétendre vivre sur notre terre de France, quoique s’en défende l’héritière de la famille Le Pen. N’oublions jamais que la République est ce système qui porte dans sa Constitution, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. C’est à dire l’ensemble des valeurs primordiales de Liberté, d’Égalité et de Fraternité, consolidé par la Laïcité. Ce n’est pas rien, c’est le socle sur lequel nous devons bâtir le seul avenir que l’on ait. Voter pour le FN, c’est voter contre l’avenir !

L’agitation en Libye et la condamnation quasi-unanime de la répression par Mouammar Kadhafi du mouvement d’émancipation qui la caractérise devrait nous ramener à nos contradictions. Celles de nos responsables gouvernementaux actuels qui tantôt voyagent en grands défenseurs des Droits de l’Homme dans les dictatures. Celles du rétablissement des emplois aidés alors qu’on n’a cessé de les miner depuis 2002 et dans cette spirale, que dire de la suppression du bouclier fiscal, présenté comme le Graal, il y a quatre ans et pour lequel on cherche encore un quelconque effet vertueux. Plus encore, nous ne devrions pas oublier celles de l’organisme international qui est particulièrement concerné par les questions afférentes aux droits humains : l’O.N.U. Qui rappelle aujourd’hui qu’en 2003, la représentante de la Libye était élue à la présidence de la Commission des Droits de l’Homme ? Qui rappelle qu’il y a moins d’un an, ce pays était élu triomphalement au Conseil des Droits de l’Homme, au sein de cette même Organisation des Nations Unies ?

Ces non-sens ne démontrent-ils pas que le système hérité de la Seconde Guerre mondiale arrive en bout de course, voire s’illustre d’ores et déjà par son obsolescence ? De plus en plus, les institutions sont tournées en dérision par des États qui n’ont aucun scrupule à dévoyer l’idéal qui animait cette magnifique entreprise, pour mieux la vider de son sens. C’est ainsi que tous les arrangements ont lieu en coulisse, par exemple l’Iran a retiré sa candidature à la dernière élection au Conseil des Droits de l’Homme — qui avait toutes les chances d’aboutir en même temps qu’un tollé incommensurable s’en serait suivi — contre la nomination de son représentant à la Commission sur le Statut des Femmes… cherchez l’erreur. Ces procédés ont pour but de grouper les votes dans une sorte de class action dans sa plus misérablement perfide expression, où dictatures et pseudo-démocraties se serrent les coudes. Cela aboutit à ce qu’une instance en vienne à passer son temps à contrecarrer l’autre, puisque le Secrétaire Général, ne pouvant décemment laisser passer pareille forfaiture, demande ensuite au Haut-Commissaire compétent de suivre de près les faits et gestes de ces États pas tout à fait comme les autres.

Quoi de neuf, me direz-vous ? Eh bien si le but était de mettre « petits » et « grands » pays sur un pied d’égalité a minima, universalisant les procédés indignes auxquels se prêtaient les puissances ayant voix au chapitre du Concert des Nations jusqu’à la création de la S.D.N., nous pouvons nous féliciter de notre complète réussite ! Voilà où mène notre manie de vouloir toujours mettre la charrue avant les bœufs ! En effet, aucun critère particulier n’est préalablement requis lors toute candidature au sein de ces organes… pour la simple et bonne raison que pas mal de démocraties bon teint — dont, notamment, les États-Unis — en seraient également écartées.

Partons du postulat qu’une démocratie mondiale n’est pas qu’une utopie et cherchons réellement comment l’organiser, la rationaliser. Le but étant que tous aient accès à l’Assemblée Générale, il reste à savoir comment les organes institutionnels peuvent émaner de celle-ci en conservant à la fois l’honneur, qui voudrait que seuls des États démocratiques y aient accès, et l’idéal démocratique qui voudrait que tous les peuples soient traités avec la même déférence. Des critères simples semblent incontournables : signature des chartes les plus élémentaires, coopération parfaitement transparente avec les inspections dans tous les domaines — du respect de la liberté des élections à la non-prolifération nucléaire — et respect des résolutions émanant de l’A.G., ce qui exclut pratiquement tout le monde à l’heure actuelle ! Avec un peu de bonne volonté et quelques années d’âpres négociations, ces objectifs simples ne sont pas hors de portée.

Reste alors la question épineuse du Conseil de Sécurité. Ses membres permanents — d’ailleurs pourquoi y aurait-il des pays plus dignes de cette permanence que les autres ? — tirent leur pseudo-légitimité de deux principes complètement caduques : la victoire en 1945 et la possession d’armes nucléaires. D’une part, la première justification n’a plus lieu d’être dans un monde qui a tant changé depuis et, d’autre part, la deuxième n’est plus qu’une belle hypocrisie. La bombe indienne ne fait aucun doute, celles du Pakistan et d’Israël à peine plus et nous avons tous en tête la liste des pays qui sont en capacité d’en produire une ou qui sont sur le point de pouvoir techniquement y arriver. Pour éviter les arrangements dénoncés plus haut, dans le cadre hypothétique d’une désignation de tout le Conseil de Sécurité par élection au sein de l’Assemblée Générale, nous ne pouvons nous résoudre à faire émaner de chaque continent un nombre défini de sièges. La pure proportionnelle en fonction de la population serait un piège inextricable : les superpuissances démographiques (suivez mon regard) ne sont pas forcément des modèles que le monde devrait suivre. Nous ne pouvons cependant négliger une introduction d’une part de proportionnelle, puisque le sultanat d’Oman ne peut pas peser autant que la République Populaire de Chine. Pourtant, il nous faudrait élaborer un panel d’outils statistiques et éthiques suffisamment clair et efficace pour donner un poids légitime à chaque membre, en fonction certes de sa population, mais aussi du respect qu’il a des Droits de l’Homme, des convention internationales et, évidemment, des résolutions de l’organisation, par exemple.

Alors que l’O.N.U. s’efface de plus en plus en l’absence de réelle puissance coercitive, ces dernières décennies, les organisations restreintes et exclusives pullulent : pour n’en citer que deux qui sont particulièrement symptomatiques, mentionnons ici le G20 et l’O.T.A.N.. La première est ouvertement un club des plus riches que l’on érige en référence, sans pour autant qu’elle n’ait aucune légitimité démocratique. La seconde, initialement tournée contre l’U.R.S.S. n’a de cesse de gagner en importance depuis la chute de celle-ci, tandis que celle des Nations Unies suit une courbe inverse. N’y a-t-il pas là une double absurdité qui n’a d’égal que son urgence, en une période de trouble comme celle que nous connaissons à tout point de vue actuellement ? Cette même urgence devrait nous pousser à agir !