Université de Lorraine : notre renouveau

Publié: 26/01/2011 dans Politique Régionale

Depuis six ans, je me bats pour la fusion des quatre universités de Lorraine au sein d’une entité unique. Je l’ai fait en tant qu’administrateur, puis en tant que Vice-Président étudiant de l’Université Paul Verlaine de Metz, au sein de l’équipe du Président Luc Johann. Je crois que cette fusion est un acte décisif pour notre territoire.

L’Université de Lorraine permet de doter notre région d’un établissement au niveau des dix meilleures universités françaises, capable de rivaliser avec les grands campus européens. Pour une université comme celle de Metz, qui compte près d’un tiers d’étudiants boursiers (sur critères sociaux), cela prend une dimension sociale prépondérante car l’université est l’un des derniers ascenseurs républicains qui fonctionnent en France. De plus, cette fusion s’intègre parfaitement au « pacte territorial » que j’ai défendu aux côtés du Président Jean-Pierre Masseret lors des élections régionales de mars 2010. Notre volonté est de permettre à chaque citoyen de  Lorraine d’être au plus près des acteurs institutionnels et économiques qui l’entourent. Il s’agit surtout de donner des perspectives de vie à l’ensemble des jeunes Lorrains qui partent trop souvent vers d’autres contrées. L’Université de Lorraine s’inscrit totalement dans le combat que j’ai mené avec Julie Coudry et la Confédération Étudiante pour que l’insertion professionnelle des jeunes diplômés soit garantie, notamment en faisant reconnaître l’orientation et l’insertion comme troisième mission de l’Université française (après la Recherche et l’Enseignement) en 2007.

Par ailleurs, je tiens à souligner l’importance symbolique de la fusion des trois universités nancéiennes et de l’université messine. A plusieurs reprises, la Lorraine a payé un lourd tribut à l’Histoire : annexions allemandes en 1870 et 1940, restructuration de l’industrie sidérurgique avec la suppression de plus de 20 000 emplois en 1984, fermeture des mines dans les années 90, sans compter le départ prochain des forces armées. Depuis une quarantaine d’années, notre région est considérée comme une « lointaine terre de grisaille » par les nains du parisianisme, oublieux du génie lorrain que tant de géants de la pensée et de l’action ont chéri. Trop longtemps, les gouvernements successifs n’ont pas investi dans ce territoire au cœur de la mégalopole européenne. A l’instar du Centre Pompidou – Metz, l’Université de Lorraine va changer cette vision négative, insuffler le renouveau.

À tous ceux qui doutent, je les invite à prendre le TER de la ligne Metz/Conflans-Jarny et à regarder les friches industrielles qui défilent à partir de Gandrange, Rombas, Moyeuvre-Grande, Jœuf et Homécourt ; regardez les fantômes de nos parents et de nos grands-parents, venus de toute la France, de Belgique, d’Italie, de Pologne, du Maghreb, animer ces cathédrales d’acier d’où sortaient les flammes des Trente Glorieuses. À tous ceux qui prennent parti contre la fusion des campus de Nancy et de Metz, l’Histoire ne leur pardonnera pas. Ecoutez l’écho encore perceptible des pleurs et de la rage des sidérurgistes de Longwy, le long des cortèges défilant à Paris le 13 avril 1984. L’Université de Lorraine va panser les plaies et sécher ces larmes – c’est aussi en pensant à mon grand-père que je me suis battu pour elle. Enfin, à tous ceux qui guerroient contre ce projet, je leur dis qu’ils ne bataillent pas pour la jeunesse mais contre son avenir. C’est en pensant à ma génération et aux suivantes que je me suis prononcé pour la fusion des universités car, dans une économie de la connaissance, la recherche et l’enseignement supérieur sont désormais les nouvelles flammes de la Lorraine.

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commentaires
  1. Vince dit :

    Hum, fusionner toutes les Universités d’une région risque d’être un beau bordel administratif et organisationnel non?

    Et serait-ce vraiment la chose a faire pour relancer l’économie et la dynamique de la région? Je prend le cas de la faculté des Sciences de Nancy (vu que j’y étudie) par rapport à celle de Metz. La faculté de Nancy 1 dispose de meilleurs laboratoires, et d’un meilleur enseignement que Metz en ce qui concerne la géologie. Admettons que la fusion des universités de Lorraine se fasse. Cet état de fait ne changera pas: les labos ne bougerons pas, et Nancy restera le meilleur pôle pour l’étude de la géologie.

    On peut, je pense, faire une analogie similaire pour la plupart des sections et filières pour les deux universités. Au final, si celles-ci fusionnent, cela conduira juste à une spécialisation des deux villes, l’une se consacrant (par exemple) à l’étude de la physique et des maths, l’autre aux Sciences du vivant et chimie (je caricature). Cela reviendrais au même que la situation actuelle, dans le sens ou ce n’est un secret pour personne que chaque universités ont leurs spécialités. Pire, une spécialisation plus officielle entrainerait des suppressions des postes, de même que la fusion des services administratifs.

    J’ai un peu de mal a voir en quoi agir a ce niveau (l’université) permettrais de relancer l’économie globale de la région.

    • yoanhadadi dit :

      Cher Vince,

      Je crois que le projet d’Université de Lorraine est une nécessité pour le dynamisme de notre territoire dans la mesure où la recherche et l’enseignement supérieur sont deux moteurs de l’ensemble de l’économie. Notre économie est de moins en moins une économie de production de biens mais une économie de la connaissance. Cela est un état de faits. Dans cette perspective, soit on reste aveugle et on se borne à tenter une industrialisation lourde (pourquoi pas le retour de la sidérurgie ??? ;)…) soit on prend acte de la situation et on tente d’en tirer avantage. Il est certain que la présence d’une université de niveau mondial en Lorraine sera bénéfique pour l’ensemble de l’activité de notre territoire.

      Sur la question des laboratoires de recherche universitaire, il faut savoir que plus de 70% de ceux-ci sont déjà communs entre les universités lorraines depuis près de cinq ans. Par exemple, il n’y a qu’un seul laboratoire en Histoire, le CRULH. Cela n’a entraîné ni spécialisation, ni suppression de postes. Attention, je ne prends pas l’engagement de dire qu’il n’y aura pas de suppression de postes ou de spécialisation entre les différents sites de l’Université de Lorraine car je n’en ai pas le pouvoir ni la responsabilité. Je suis plutôt de ceux qui défendent l’idée selon laquelle les universités et l’éducation, en général, devraient avoir plus de moyens. Lorsque j’avais des responsabilités au sein de l’équipe du Président Johann et en tant que Vice-Président de l’Université Paul Verlaine-Metz, j’ai même créé de l’emploi avec, notamment, un poste chargé de la vie étudiante mosellane et de la gestion de la Maison de l’Etudiant. Les quatre présidents des universités de Metz et de Nancy se sont engagés à ne supprimer aucun poste.

      De plus, je ne vois pas la spécialisation des sites lorrains comme un mal car cela tirera l’ensemble de la Lorraine vers le haut. Il faut en finir avec les guerres de clochers entre Nancy et Metz et je pense que notre génération est au-dessus de cela.

      Je suis plus inquiet sur la question des capacités infrastructurelles en termes de vie étudiante et sociale dans ce nouveau cadre lorrain. Est-ce que le CROUS et la communauté universitaire dans son ensemble seront en capacité de donner les meilleures conditions d’études possibles aux étudiants ? Le logement est un axe de réflexion qui me semble oublié. Pire encore, la question de la mobilité des étudiants entres les différents sites. Enfin, il ne faut pas oublier qu’il serait temps d’établir une vision cohérente et stratégique de la vie étudiante en Lorraine, c’est-à-dire Metz, Nancy mais aussi Sarreguemines, Epinal, Thionville, Saint-Avold ou Longwy…

      Autant, je ne suis pas trop inquiet sur la question du niveau et des contenus des enseignements, autant je le suis plus sur les conditions dans lesquelles ceux-ci seront donnés …

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